Et tout à coup tout c’est arrêté…

Début février le coronavirus nous inquiétait mais de loin, à plus de 10 000kms les chinois se confinaient à la maison et vidéos publiées sur le résaux sociaux nous faisaient sourire sans trop nous inquiéter. Le monde du tourisme lui s’inquiétait sur la fermeture du contient chinois mais le reste de la planète pouvait encore accueillir les touristes dans les avions, les hôtels, les croisières… Tel une traînée de poudre le virus s’est ensuite propagé à l’Iran, l’Italie, l’Espagne, l’ensemble de l’Europe et maintenant la planète entière. Les avions se sont définitivement arrêtes, les aéroports et les gares on en grande partie fermés, bref le monde s’est mis en pause. Plages désertes, stations de skis abandonnées aux isards et ours qui se réveillent dans les Pyrénées, le Machu Pichu… les lamas cherchent les touristes et ne comprennent pas! Des dauphins ont été aperçus dans la lagune de Venise, nos amis les animaux viennent par curiosité voir leurs voisins humains aux abords des villes…

A la TV les scientifiques et les experts déploient leurs thèses, antithèses et autres théories au fil de l’épidémie. Les discours rassurants des états « pas chez nous on est protégés » ont fait place aux injonctions des gouvernements sur des populations infantilisées… comme si le virus serait resté au poste frontière « circulez il n’y a rien à voir ». A l’heure de la mondialisation quel territoire échappe à la pandémie? le royaume du Bouthan ou le désert d’Atacama, même pas sûr. Jouant tant bien que mal aux pompiers de service, tentant d’éteindre l’incendie au tuyau d’arrosage, voire un verre d’eau les états sont dépassés faute d’anticipation et de moyens (dé-tricotage des services publics quand il y en a… d’autres ont encore moins de chances).

Les années qui viennent ne s’annoncent pas radieuses, selon l’OMT ( baisse de 30% du nombre de déplacements internationaux pour l’année 2020) mais à quoi peut ressembler le monde d’après?

Les entreprises et plus particulièrement les entreprises touristiques sont sur le grill: les compagnies aériennes, les hôtels et restaurants, le secteur de l’événementiel, les Tours Opérators et les les agences de voyages déjà très affaiblies sont au bord de la rupture…

Le TO « Plus belle l’Europe » est le 1èr en France à mettre la clé sous la porte et cela ne fait que commencer. Le tourisme est en mode survie

Que retenir de cette catastrophe planétaire dans le tourisme?

Ce sont finalement les philosophes, les sociologues, c’est Sylvain Tesson qui interrogés à la radio et à la TV sur la situation nous éclairent sur ce que l’on peut retenir comme leçon de cette crise. La planète craque. Faut-il continuer et tout reprendre comme avant? Si c’est oui cette crise n’aurait à ce moment là aucun sens si l’Homme n’est pas capable d’en tirer les enseignements et d’opérer dans le temps les changements d’ordre écologique et de modèle économique. Que penser d’une alimentation mondialisée un porc né en France, nourri en Pologne avec du soja brésilien et vendu sur la carte d’un restaurant allemand? Que penser de la course effrénée aux déplacements aériens sur des courtes distances alors que le déplacement peut se faire avec un moyen bien moins polluant le train? La planète aura t-elle la capacité d’absorber le développement du trafic aérien sans cesse grandissant avec des billets A/R à moins de 30€? pourquoi construire des paquebots de plus en plus grands? Que penser de la surfréquentation touristique de Venise, Dubrovnik, le Taj Mahal…

Vers un mode de consommation touristique plus résilient et plus local

Le confinement et l’activité limitée au « 1 kilomètre » m’ont fait découvrir un patrimoine local très inattendu dans mon propre quartier. L’aventure est donc au bout du chemin pas besoin de faire des milliers de kms pour le dépaysement.

Prendre le temps. On pensait le zapping touristique fini mais non. Certains enfilent les destinations comme on enfile les perles, tel des trophées que l’on exhibe en société. « alors j’ai fait, le kenya, la Thailande…et l’année prochaine on fait l’inde » quelle idée que connait-on du pays, de ses habitants quand on y a passé 8 jours? Rien La découverte en mobilité douce (à pied, à vélo) en prenant son temps, permet des approches plus fines et plus respectueuses des lieux et de leurs habitants.

Pourquoi aller si loin? Vers une relocalisation de l’activité touristique. Nos territoires, nos pays regorgent de trésors parfois méconnus. Des déserts, des canyons, des villages pittoresques, des forêts ne sont pas loin de chez vous. Des amoureux de leur pays vous feront découvrir ces trésors proches et au passage rencontrer les acteurs des territoires, paysans et autres personnages de nos villes et villages. Un mot d’ordre à la sortie du confinement partir à la rencontre de l’autre. Que reste t’il des souvenirs de voyages, des paysages de carte postale, les selfies? non des rencontres, des échanges oui.

Bien consommer. La ruée vers les supermarchés et les pénuries engendrées par les achats compulsifs créés par la peur du manque doivent nous interroger sur notre mode de consommation. Manger c’est tout d’abord respecter la saisonnalité des produits. Les circuits courts s’imposent pour assurer l’alimentation de demain au plus près des villes pour le bienfait de tous: des agriculteurs payés à un prix plus juste, des consommateurs avec des produits bio et de qualité et pour la planète. Un forme de résilience en terme de consommation s’impose: out les black Friday et autres promotions bidon et sollicitations consuméristes. Le confinement a ouvert pour beaucoup la voie du « do it yourself » et encore mieux ensemble: cuisine, produits ménagers…

Mettre fin à la politique du toujours plus, place au toujours mieux. Quel intérêt à multiplier les rotations de vols lowcost, d’étendre l’hébergement touristique ou pire les résidences secondaires dans les endroits en overdose touristique. Ils seront demain désertés par les mêmes qui les ont adulé. Un tourisme régulé et plus diffus est absolument nécessaire. Les politiques publiques en terme de préservation de la ressource sont nécessaires. Régulation de l’hébergement saisonnier sur les plateformes de location qui prive les locaux de possibilité de logement, œuvrer pour des aménagements de circulations douces dans les lieux touristiques, améliorer la qualité de la ressource touristique comme les eaux de baignade, la qualité de l’air… il y a tant de choses à faire . Et cette ressource nous en sommes le héritiers que laisserons nous à nos enfants?

 « Un voyage se passe de motifs. Il ne tarde pas à prouver qu’il se suffit à lui-même. On croit qu’on va faire un voyage, mais bientôt c’est le voyage qui vous fait, ou vous défait », commente l’écrivain Nicolas Bouvier dans L’Usage du Monde, éditions La Découverte.

De quoi laisser à réfléchir….

Pour en savoir plus sur la sortie de crise, je vous recommande le richissime blog de etourisme.info


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